Quelle densité ?

Dossier de réflexion sur la bonne densité, janvier 2012

Plusieurs facteurs influencent la densité. Nous les avons mis en relation, sur la même échelle de densité humaine (habitant + emplois /surface dédiée aux constructions et infrastructures (selon définition OFS) ). On peut ainsi mettre en parallèle la densité avec la forme urbaine, le taux de motorisation et la mixité fonctionnelle.

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Graphique:
comparaison des densités humaines de communes de l'agglomération Lausanne-Morges et de quelques villes suisses et internationales.

Observations:
- les communes dont la superficie est limitée voient leur densité augmenter relativement fortement, à l'image de Genève ou Paris
- Manhattan, quartier de New York, a une densité humaine qui s'élève à 677 hab+emp/ha et devrait donc plutôt se situer en dehors du tableau

Graphique:
Rapport entre densité humaine et construite de quartiers lausannois. La densité mesurée comprend les zones constructibles et d’infrastrctures (c'est-à-dire sans les zones agricoles ni les forêts). Les quartiers ont été sélectionnés pour la relative homogénéité de leur tissu bâti. Les points noirs situent quelques opérations récentes ou en projet dans l'agglomération Lausanne-Morges.

Observations:
- à densité bâtie identique, il y a de grandes disparités de densités humaines entre quartiers. Cette disparité correspond aux différences de revenus dans ces quartiers, les personnes aisées consommant plus de surface construite par habitant que les personnes modestes (voir annexes). Par exemple, il y a beaucoup plus d’habitants à la Pontaise qu’à Grancy alors que la densité construite est comparable.
-la série de rectangles représente des formes urbaines différentes nommées sur la droite du graphique. A partir d’une densité supérieure à 220 hab+emp/Ha, on ne trouve que des îlots (voir illustration page 1). Même les opérations comprenant des tours, comme le quartier des Cèdres à Chavannes-près-Renens (tour de 120 mètres de haut), ne parviennent pas à dépasser ce seuil.

Graphique:
Courbes de tendance du taux de motorisation (nombre de véhicules de tourisme par habitant) et de mixité fonctionnelle (rapport d'emplois par habitant) en fonction de la densité humaine. Le traitillé horizontal indique l'équilibre emplois-actifs, c'est-à-dire 1 emplois par personne active habitant le quartier.

Observations:
- le taux de motorisation diminue quand la densité humaine augmente. Mais à partir de 200 hab-emp/Ha, elle descend difficilement en-dessous de 300 véhicules pour 1'000 habitants, ce qui représente environ 1 voiture pour 2/3 des ménages.
- il existe des seuils à partir desquels il est possible de créer des transports publics légers ou lourds: 100 hab-emp/Ha pour un bus urbain et 200 hab-emp/Ha pour tram ou un métro. Ces seuils doivent être pris en considération à l’échelle des quartiers plutôt que des villes, celles-ci étant rarement homogènes. A Lausanne par exemple, certains quartiers ne peuvent pas être desservis correctement par des bus alors que d'autres permettent l'implantation de tram ou de métro.
- les quartiers urbanisés selon les principes modernistes ont généralement des densités insuffisantes pour être équipés de TP lourds.
- les villes ou quartiers très denses proposent plus d'emplois que d'actifs habitant ces lieux. Ce sont soit des villes centres (capitales ou centres d'agglomérations importantes) soit des quartiers de centre-ville. On constate qu'à partir d'une densité d'environ 400 hab+emp/Ha, la mixité fonctionnelle diminue.